
Destinations· 9 min de lecture·23 octobre 2024
Lima culturelle : expériences privées au Larco, au MALI et à Pachacámac
Trois institutions, trois façons de lire la profondeur culturelle du Pérou avant de monter dans la sierra.
Par Kada Travel Editorial
Le Museo Larco ouvre au public le matin, mais qui vient avec un guide privé, et l'a coordonné à l'avance, entre une demi-heure plus tôt. Cette demi-heure — les salles vides, la lumière indirecte qui entre par les fenêtres du patio, les restaurateurs en gants blancs au fond du couloir — résume toute la logique de la Lima culturelle en privé. Ce n'est pas que l'on voie autre chose. C'est que l'on regarde autrement.
Ce guide réunit trois institutions liméniennes qui valent une visite privée avant de monter à Cusco : le Museo Larco, le MALI et le sanctuaire préinca de Pachacámac. Toutes trois autorisent l'autre façon de visiter — avec un conservateur, avec un archéologue, à des heures où le public n'est pas là — et toutes trois préparent le voyageur à ce qui l'attend dans la sierra. Lima sans le Larco, sans le MALI, sans Pachacámac laisse Cusco sans contexte.
Larco : la réserve ouverte
Le Museo Larco, installé dans une demeure vice-royale du XVIIIe siècle à Pueblo Libre, conserve quarante-cinq mille pièces précolombiennes. La collection, réunie par Rafael Larco Hoyle à partir de 1925 avec l'argent familial du sucre, est l'une des plus complètes au monde dans sa catégorie — céramique, or, textile, art érotique — et l'une des rares à ouvrir librement sa réserve, et non les seules salles d'exposition.
La différence compte. Les salles présentent quelque mille cinq cents pièces en rotation. La réserve visitable abrite les quarante-trois mille cinq cents autres, rangées sur des étagères vitrées dans une galerie climatisée. Céramiques mochica, jarres chimú, portraits d'argile du IIIe siècle, tout est à vue. La visite guidée courante dure une heure ; avec un conservateur du musée, deux heures et demie — et le conservateur ouvre les vitrines, descend des pièces, commente des restaurations dont le discours public ne parle pas.
Trois conseils. D'abord, venir tôt : les groupes de croisière arrivent ensuite. Ensuite, réserver le déjeuner au café du musée, dans le patio : la cuisine est honnête, l'atmosphère — un jardin colonial de bougainvilliers — est la plus belle du quartier. Enfin, ne pas partir sans la salle de l'or : une voûte souterraine où des dizaines de pièces d'or mochica sont éclairées une à une.
MALI : le XIXe et le XXIe dans une même salle
Le Musée d'art de Lima occupe l'ancien Palacio de la Exposición, bâtiment élevé pour l'Exposition internationale de 1872, à la lisière du centre historique. La collection compte dix-sept mille pièces et va du précolombien au contemporain, mais sa vraie valeur tient à deux sections : l'art vice-royal — les écoles de Cusco et de Quito — et l'art républicain, les portraitistes du XIXe siècle et les modernistes péruviens.
Au visiteur de passage, nous recommandons la visite commentée de quatre-vingt-dix minutes centrée sur l'art républicain. Carlos Baca-Flor, Daniel Hernández, Francisco Lazo : trois peintres partis en Europe, formés à l'académie française, revenus peindre le Pérou avec une technique européenne et des sujets d'ici. Leurs portraits — dames liméniennes en mantille, évêques à la crosse, enfants indigènes en habit de fête — sont la meilleure introduction au XIXe siècle péruvien et au milieu social d'où sortira l'indigénisme.
Le MALI propose en outre des expositions temporaires qui comptent. Le travail curatorial y est sérieux, et les expositions de photographie péruvienne contemporaine font référence dans la région. Avant d'y aller, regardez la programmation : s'il y a une temporaire intéressante, ajustez l'itinéraire.
Pachacámac : le sanctuaire qui organise la côte
Pachacámac est le site que Lima cache à sa périphérie et que la plupart des visiteurs manquent. À trente-cinq kilomètres au sud de Miraflores, dans une vallée côtière entre le désert et le río Lurín, s'élève un complexe cérémoniel occupé de l'an 200 de notre ère jusqu'à la conquête espagnole de 1533. Mille trois cents ans d'usage continu. Temples du Soleil, de la Lune, des Vierges ; une pyramide à degrés inca posée sur des temples préincas ; des murs qui gardent leur peinture rouge et blanche.
Ce qui rend Pachacámac singulier, c'est l'échelle. Le site est immense — près de cinq cents hectares, plusieurs heures de marche — et presque désert. Quand le Machu Picchu reçoit des milliers de personnes par jour, Pachacámac en reçoit quelques centaines. Longer le mur d'enceinte du Temple du Soleil aux premières heures donne un sentiment d'intimité absolue.
Nous recommandons de quitter Lima vers sept heures et demie et d'être à la grille à l'ouverture, les premiers à entrer : le site est alors vide, et il le reste deux bonnes heures, avant les groupes scolaires et les autocars. Un archéologue du musée de site — ouvert en 2016, et qui vaut à lui seul le déplacement — conduit le parcours : le centre cérémoniel, l'oracle, la pyramide inca, les ateliers, les vases votifs que l'on offrait au dieu Pachacámac. Ensuite, le café du musée, et le retour à Lima pour le déjeuner.
Lima sans le Larco, sans le MALI, sans Pachacámac laisse Cusco sans contexte.
Kada Travel
Une quatrième option : dîner dans une huaca
Au voyageur qui connaît déjà Lima, nous recommandons une expérience que peu découvrent au premier séjour : le dîner à la Huaca Pucllana. La huaca — une pyramide préinca de la culture Lima, élevée au IVe siècle en plein cœur de Miraflores, cernée aujourd'hui d'immeubles — abrite un restaurant dans ses jardins bas, face à la pyramide éclairée. La cuisine est correcte sans plus ; l'expérience, c'est la pyramide. Dîner à quelques mètres d'un temple de mille six cents ans, dans l'une des villes les plus denses d'Amérique du Sud, ne se fait pas dans beaucoup d'autres capitales.
Comment l'ordonner en deux nuits
Avec deux nuits à Lima, voici la formule que nous recommandons. Premier jour : arrivée à midi, déjeuner, repos à l'hôtel, dîner à l'une des grandes tables. Deuxième jour : départ tôt vers Pachacámac pour être à l'ouverture, retour à Lima, déjeuner au café du Museo Larco puis visite du musée, après-midi dans le centre historique (Plaza Mayor, Casa de Aliaga, San Francisco), dîner chez Astrid&Gastón. Troisième jour : matinée au MALI, déjeuner à Cala, à Barranco, départ pour l'aéroport.
Avec trois nuits, on ajoute une matinée sur le malecón de Miraflores, petit-déjeuner face à la mer, un après-midi à Barranco entre les galeries et le MATE, et le dîner à la Huaca Pucllana en clôture, avant le vol pour Cusco. La question n'est pas quoi inclure — Lima a de quoi tenir deux semaines — mais combien l'on peut absorber sans saturer. Trois jours, dans cet ordre, font entrer le voyageur à Cusco avec le contexte qu'il faut.
Écrit par Kada Travel Editorial
Questions Fréquentes
La visite commentée se réserve deux semaines à l'avance. Le musée dispose d'une équipe de conservateurs qui coordonne les visites privées en espagnol, en anglais et en français. Nos voyages prennent cette démarche en charge.
La comparaison n'a pas lieu d'être. Pachacámac est préinca et pluriculturel ; le Machu Picchu est inca et cérémoniel. Pachacámac donne le contexte de mille ans de culture andine avant le Tawantinsuyu. Sans cette profondeur, le Machu Picchu se lit comme une ruine isolée plutôt que comme l'aboutissement d'une tradition.
Trois heures, musée compris. Départ de Lima vers sept heures et demie, arrivée à la grille pour l'ouverture, deux heures de parcours avec un guide privé, quarante minutes de musée, retour à Lima pour le déjeuner.
Oui. Le Museo Amano, textiles précolombiens, à Miraflores — petit, spécialisé, brillant. Le Museo de Arte Precolombino de Cusco, qui présente une sélection du fonds Larco. Le Museo Pedro de Osma, à Barranco, pour l'art vice-royal dans une demeure républicaine. Comptez quatre-vingt-dix minutes pour chacun.
Pour qui place l'atmosphère avant l'assiette, oui. La pyramide éclairée à côté de la salle est une expérience sans équivalent dans une capitale sud-américaine. Pour le gourmet strict, il y a mieux en ville — Maido, Central, Mayta.
Recommandé, pas obligatoire. Les cartels sont corrects, en espagnol et en anglais. Mais le musée couvre tant de siècles que, sans guide, la visite reste visuelle et l'on perd la lecture historique de l'art vice-royal et républicain.
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