
Destinations· 9 min de lecture·13 décembre 2024
Canyon de Colca : combien de jours y consacrer et où loger
Deux fois le Grand Canyon en profondeur — et pourquoi deux nuits sont le minimum pour voir le condor sans la foule.
Par Kada Travel Editorial
Le canyon de Colca tombe de 3 270 mètres, du rebord de l'altiplano jusqu'au río Colca en contrebas. C'est le double du Grand Canyon du Colorado, et un peu moins que le canyon de Cotahuasi (péruvien lui aussi, arequipénien lui aussi, voisin du Colca). Le chiffre reste géographique et abstrait jusqu'à ce que l'on s'avance à la Cruz del Cóndor à sept heures et demie du matin, avant le premier groupe, et que l'on sente le courant thermique de trois mille mètres qui monte du fond. On comprend alors pourquoi les condors — trois mètres d'envergure, lourds, ne battant presque jamais des ailes et suspendus aux ascendances — ont choisi ce lieu pour y vivre.
Le Colca est la deuxième étape de la route du sud péruvien, après Arequipa. Quatre heures de voiture privée depuis la ville blanche, sur une route goudronnée qui monte des 2 300 mètres d'Arequipa aux 4 910 du col de Patapampa avant de redescendre aux 3 700 de la vallée du Colca. L'altitude compte. Ce guide traite la question la plus fréquente — combien de jours consacrer au Colca — et sa question jumelle — où dormir —, en fonction du voyageur à qui l'on dessine l'itinéraire.
Combien de jours : la réponse courte et la longue
La réponse courte est deux nuits. La longue, de deux à quatre, selon l'humeur et l'expérience du voyageur.
Deux nuits sont le minimum. Arrivée à Chivay (le chef-lieu de la vallée) le matin du premier jour, déjeuner, après-midi d'acclimatation avec les bains thermaux de La Calera. Deuxième jour : départ à six heures pour la Cruz del Cóndor, après-midi dans les villages de la vallée (Yanque, Maca, Coporaque), retour à l'hôtel. Troisième jour : retour à Arequipa dans la matinée. C'est la version condensée, qui couvre l'essentiel sans donner l'impression de courir.
Trois nuits permettent une journée entière d'exploration. Visite des terrasses préincaïques de Coporaque et Yanque (les plus étendues du Pérou, cultivées sans interruption depuis quelque mille cinq cents ans), marche jusqu'aux peintures rupestres de Mollepunko, et en option la descente au fond du canyon — trois heures de descente, quatre de remontée — jusqu'à l'oasis de Sangalle. C'est la version que nous recommandons aux couples et au voyageur d'intérêt naturaliste ou culturel.
Quatre nuits sont pour la randonnée sérieuse. Le Colca a trois circuits de trois jours : Cabanaconde-Sangalle-Cabanaconde (le classique, la descente dans le canyon), Cabanaconde-Tapay-Sangalle (le long, à travers deux villages du canyon) et l'itinéraire de Choquetacarpo (les terrasses les plus reculées). Les trois exigent guide et porteurs : les villages du fond n'ont pas de route, seulement des sentiers.
Le condor, sans la foule
La Cruz del Cóndor est le belvédère le plus visité du Pérou après le Machu Picchu. Les visiteurs s'y concentrent entre neuf et onze heures du matin, quand les condors profitent des premières ascendances pour remonter du fond du canyon. La fenêtre d'observation est réelle mais courte : après onze heures, le vent tourne et les oiseaux disparaissent.
Pour éviter la foule, nous recommandons d'arriver à sept heures — deux heures avant les autocars des circuits de groupe. À cette heure, le belvédère est vide, le soleil n'est pas encore levé et les condors dorment encore sur les parois. Les premiers envols ont lieu vers huit heures. Entre huit heures et neuf heures et demie, il y a moins de cent personnes sur place. Après dix heures arrivent les autocars d'Arequipa, avec cinq cents à huit cents visiteurs par jour.
Le nombre de condors observés varie. Un bon jour, douze à vingt. Un jour moyen, cinq à huit. La population actuelle du canyon est estimée à cent vingt condors — réduite de plus de moitié en cinquante ans par l'empoisonnement au plomb des charognes et par le braconnage. C'est le groupe de condors des Andes le plus accessible du continent.
Les terrasses : l'autre histoire du Colca
Le canyon est célèbre pour son condor, mais la vraie profondeur du Colca est dans ses terrasses agricoles. La culture collagua, qui précède les Incas dans cette vallée, a bâti des terrasses étagées sur les parois du canyon il y a mille cinq cents ans, pour cultiver quinoa, kiwicha, maïs et pomme de terre à des altitudes impossibles. Les Incas en ont hérité, les ont étendues et les ont intégrées à l'empire. Elles servent encore : une dizaine de milliers d'hectares de terrasses en culture, travaillées par les mêmes familles collaguas qui vivent dans la vallée depuis des siècles.
Nous recommandons toujours d'inscrire, au deuxième jour, une visite guidée des terrasses de Coporaque ou de Yanque avec un agronome local. Deux heures de marche sur les sentiers des andenes, explication du système d'irrigation — des canaux préhispaniques toujours en service — et reconnaissance des variétés indigènes (plus de deux cents variétés de pomme de terre dans cette seule vallée). C'est la visite qui fait passer le Colca du paysage au système culturel vivant.
Le Colca n'est pas un canyon à condors. C'est un système agricole de mille cinq cents ans qui cultive encore la cordillère avec des techniques que le reste du monde a perdues.
Kada Travel
Où dormir : trois niveaux, trois atmosphères
Le Belmond Las Casitas del Colca est la maison phare de la vallée. Vingt casitas indépendantes dans une hacienda coloniale restaurée à Yanque, bassin thermal privatif dans chaque logement, potagers biologiques qui approvisionnent le restaurant, et service Belmond complet (majordome par casita, transferts privés, guide exclusif pour les excursions). C'est l'hôtel le plus cher du Colca et le plus recommandé pour un voyage de noces.
Le Colca Lodge Spa & Hot Springs, à Coporaque, est l'option intermédiaire. Chambres rustiques aux murs de pierre et toit de chaume, quatre bassins thermaux naturels au bord du río Colca, spa, et l'atmosphère la plus andine des hôtels de la vallée. C'est celui que nous recommandons le plus aux couples qui préfèrent le lieu au luxe.
L'Aranwa Pueblito Encantado del Colca, à Coporaque, au bord du río Colca, est l'option contemporaine. Architecture moderne en matériaux locaux, quarante et une chambres, piscine extérieure chauffée avec vue sur la vallée. Bon service, cuisine correcte, à une dizaine de minutes de Chivay. Recommandé aux familles.
Pour un budget plus serré, le Casa Andina Standard Colca, à Chivay, est l'option fonctionnelle : hôtel de chaîne au service correct, au centre du bourg, à cinq minutes à pied des bains de La Calera.
L'altitude : ce qu'il faut savoir
Chivay est à 3 633 mètres, et les hôtels de la vallée entre 3 500 et 3 700. Plus haut que Cusco. La Cruz del Cóndor est à 3 700, et le col de Patapampa, sur la route depuis Arequipa, à 4 910. Le soroche, au col surtout, est probable.
Nos recommandations, dans l'ordre : s'acclimater deux nuits à Arequipa (2 335) avant de monter ; boire beaucoup pendant le trajet en voiture ; prendre un maté de coca à l'arrivée ; dîner léger le premier soir ; se coucher tôt. Ceux qui enchaînent Lima → Arequipa → Colca en quatre jours ont en général au moins un mal de tête la première nuit à Chivay. Ceux qui suivent Lima → Arequipa → Colca → Cusco arrivent mieux adaptés à Cusco : le Colca, en ce sens, sert d'acclimatation naturelle pour la suite du voyage dans le sud.
Comment l'associer au reste du Pérou
Le Colca s'inscrit dans le circuit du sud péruvien. Lima (3 nuits) → Arequipa (2 nuits) → Colca (2 nuits) → Arequipa (1 nuit, en option) → vol vers Juliaca et transfert à Puno (2 nuits sur le Titicaca) → vol vers Cusco (4-5 nuits pour Cusco, la Vallée sacrée et le Machu Picchu) → retour à Lima. Quatorze à quinze jours en tout.
Au voyageur qui dispose de moins de temps, nous recommandons de sacrifier Puno plutôt que le Colca. Lima → Arequipa → Colca → Cusco tient en huit à dix jours et donne la meilleure version de chaque étape. Puno et le Titicaca, aussi emblématiques soient-ils, demandent trois nuits au minimum et se vivent dans la précipitation en deçà.
Écrit par Kada Travel Editorial
Questions Fréquentes
Oui. Les terrasses, les villages de la vallée, les bains thermaux et l'altitude elle-même font l'expérience. Le condor est l'emblème, mais le Colca est bien plus que l'oiseau. Trois jours dans la vallée en donnent l'image complète.
Plus de 90 % des jours entre mai et novembre, dans la fenêtre de 8 h à 10 h. La saison des pluies (décembre à mars) réduit les observations à cause de la nébulosité haute.
La route est goudronnée jusqu'à Chivay et bien entretenue. Le col de Patapampa (4 910 mètres) peut être enneigé entre juin et août ; les chauffeurs attendent alors le déneigement. Le trajet dure quatre heures avec deux arrêts obligés : les belvédères de Patapampa et de Chivay.
Pas de service régulier. Des survols privés existent au départ d'Arequipa, uniquement sous contrat exclusif et avec l'autorisation de la réserve. La descente à pied avec guide reste la seule voie habituelle.
Oui, surtout ceux du Colca Lodge : au bord du río Colca, naturels, sans chlore. Les bains de La Calera à Chivay sont plus fréquentés et moins intimes ; mieux vaut y aller le soir. Pour nous, les bains à l'aube au Colca Lodge sont le moment le plus mémorable du voyage.
Des couches : matins froids (5 °C), midi doux (22 °C), nuits froides (8 °C). Des sous-vêtements thermiques pour le matin à la Cruz del Cóndor. Une protection solaire forte — le rayonnement à 3 700 mètres est intense. Un chapeau à large bord. Des bâtons de marche en cas de randonnée. Un téléobjectif pour les condors.
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